La réponse courte
S’il faut mesurer un bâtiment de l’intérieur, sa structure ou ses réseaux techniques : scanner laser terrestre. S’il s’agit d’un terrain dégagé et que l’on veut une orthophoto : photogrammétrie par drone. S’il s’agit d’un terrain boisé, d’une infrastructure linéaire ou de surfaces sans texture : LiDAR par drone. Sur les grands sites, on en combine généralement deux, sur les mêmes coordonnées.
La suite de ce guide explique pourquoi, et quelles questions se poser avant de demander un devis. Pour le détail de chaque technique, voyez qu’est-ce que le LiDAR, qu’est-ce que la photogrammétrie et qu’est-ce qu’un nuage de points.
Les trois technologies en une phrase
- Scanner laser terrestre (TLS) : un appareil sur trépied mesure des millions de points par station avec son propre laser. C’est le plus précis et le plus lent à la surface. Sa variante mobile, le SLAM, scanne en marchant : moins précis, beaucoup plus rapide sur les longs parcours.
- LiDAR par drone : le même principe laser, depuis les airs. Une partie de chaque impulsion traverse la végétation et atteint le sol : il donne donc le terrain sous les arbres.
- Photogrammétrie par drone : elle calcule la géométrie à partir de photos qui se recouvrent. Elle n’émet rien ; en contrepartie, elle donne la meilleure couleur et une orthophoto.
Les cinq critères qui tranchent
1. Ce qu’il faut mesurer : du vertical et de l’intérieur, ou une surface
Façades, intérieurs, structure, réseaux techniques et tout ce qui se trouve sous toiture : un scanner terrestre les voit bien, un drone les voit mal. Terrains, toitures, carrières et parcelles : un drone les couvre en une fraction du temps. C’est la première ligne de partage, et elle règle presque toujours la moitié du problème.
2. Ce qu’il y a au-dessus du terrain
S’il y a des arbres, des broussailles ou une ripisylve et qu’il faut le sol, la photogrammétrie ne convient pas : elle ne voit que la canopée. Le LiDAR par drone enregistre plusieurs échos par impulsion et obtient le terrain entre les feuilles. Il en va de même des surfaces lisses ou sans texture (toitures en bac acier, plateformes uniformes), où la photogrammétrie ne trouve pas de points homologues d’une photo à l’autre.
3. Taille et forme de la zone
En photogrammétrie par drone, nous couvrons jusqu’à 400 ha en une journée, et en LiDAR par drone, jusqu’à 600 ha. Le scanner terrestre avance station par station : imbattable sur un bâtiment, peu efficace sur un terrain de plusieurs hectares. Une bande longue et étroite (route, canal, ligne électrique) avantage le drone LiDAR.
4. La précision réellement nécessaire
Le scanner terrestre atteint ±2 mm nominal ; un drone, 2-3 cm avec calage. Pour un Scan to BIM de réseaux techniques ou le contrôle dimensionnel d’une structure, la différence compte. Pour un MNT, des courbes de niveau ou une cubature de terrassements, 2-3 cm suffisent largement, et exiger des millimètres ne fait que renchérir le travail.
5. Le livrable dont vous avez besoin au bout du compte
Partez de la fin : une maquette BIM de l’existant demande un scanner terrestre ; une orthophoto, de la photogrammétrie ; un modèle du terrain sous végétation, du LiDAR ; une visite virtuelle photoréaliste, peut-être du Gaussian Splatting. La technologie se choisit en fonction du livrable, pas l’inverse.
Quelle technologie selon le projet
| Projet | Technologie recommandée | Pourquoi |
|---|---|---|
| Bâtiment existant, réhabilitation ou Scan to BIM | Scanner laser terrestre (SLAM pour les logements et petits locaux) | Intérieurs, structure et réseaux techniques au détail millimétrique |
| Façades et toitures | Scanner terrestre + drone | Le scanner couvre le vertical ; le drone, la toiture invisible depuis le sol |
| Bâtiment industriel ou usine avec installations | Scanner laser terrestre | Tuyauteries, structure et équipements qu’un drone ne voit pas |
| Parcelle dégagée, carrière, terrassements | Photogrammétrie par drone | Rapide, économique à l’hectare et avec orthophoto |
| Terrain boisé, cours d’eau, versants | LiDAR par drone | Donne le sol sous la végétation |
| Infrastructure linéaire : route, canal, ligne électrique | LiDAR par drone (+ scanner terrestre sur les ouvrages d’art) | Couvre des kilomètres de bande et détecte câbles et talus |
| Galeries, tunnels, collecteurs | Scanner terrestre ou SLAM | Sans ciel ouvert, le drone n’apporte rien ; le SLAM accélère les longs parcours |
| Patrimoine et ensembles urbains | SLAM ou scanner terrestre + drone | Géométrie depuis le sol et toitures depuis les airs, avec texture réelle |
| Petite parcelle, implantation, limites | Topographie classique (station totale ou GNSS) | Quelques points précis : une acquisition massive ne se justifie pas |
La dernière ligne est sérieuse : s’il s’agit de fixer les limites d’une parcelle ou d’implanter une semelle, un géomètre avec une station totale le fera plus vite et pour moins cher. Nous l’expliquons dans qu’est-ce qu’un levé topographique.
Tableau comparatif
| Scanner laser terrestre | LiDAR par drone | Photogrammétrie par drone | |
|---|---|---|---|
| Mode de mesure | Laser propre, depuis un trépied | Laser propre, depuis les airs | Géométrie calculée à partir de photos |
| Précision indicative | ±2 mm nominal (SLAM : 1-3 cm) | 2-3 cm avec RTK ou points d’appui | ~5 cm ; 2-3 cm avec points d’appui |
| Rendement | Par stations : un bâtiment, un niveau | Jusqu’à 600 ha en une journée | Jusqu’à 400 ha en une journée |
| Intérieurs et réseaux techniques | Oui | Non | Non |
| Terrain sous végétation | Seulement sur de petites zones | Oui, grâce aux échos multiples | Non : il ne voit que la canopée |
| Surfaces sans texture | Bien | Bien (eau mise à part) | Mal |
| Lumière | Indépendant | Indépendant | Exige une bonne lumière |
| Couleur et orthophoto | Couleur par photo panoramique | Si l’on ajoute un appareil photo | Excellentes, avec orthophoto |
| Idéal pour | Bâtiments, BIM, industrie, tunnels | Terrain boisé, infrastructures linéaires, grandes surfaces | Orthophoto, carrières, chantiers dégagés, toitures |
Ces chiffres sont les valeurs indicatives avec lesquelles nous travaillons. La précision réelle de chaque projet dépend de l’équipement, de la consolidation et des points d’appui, et se démontre sur des points de contrôle, pas avec la fiche du fabricant.
Quand les combiner
Sur les grands sites, choisir une seule technologie laisse souvent des trous. Deux exemples tirés de nos projets :
- Réservoir de Retamares (Canal de Isabel II) : 83 000 m² avec des zones en hauteur. Scanner terrestre sur les zones accessibles et drone LiDAR pour les toitures et les zones élevées, en un seul nuage combiné.
- Patrimoine urbain de Vigo (Concello de Vigo) : scanner SLAM avec RTK au niveau de la rue et vol de drone appuyé sur des points d’appui, fusionnés en un seul nuage haute résolution.
La condition pour combiner est que toutes les acquisitions partagent le même système de coordonnées, avec des points d’appui communs levés au GNSS RTK. Sinon, vous aurez plusieurs bons nuages qui ne se recalent pas entre eux.
Ce qui fait le coût
Il n’existe pas de prix au mètre carré qui permette de comparer les technologies, car chacune varie selon des paramètres différents :
- Scanner terrestre : le nombre de stations, qui dépend de la surface, du nombre de pièces et d’obstacles et du niveau de détail demandé.
- Drone : la surface, la végétation, les autorisations de vol et le calage topographique au sol.
- Le livrable : presque toujours, le poste le plus lourd. Modéliser une maquette BIM avec les réseaux techniques ou dessiner un plan avec tous les éléments demande plus d’heures que d’acquérir le nuage.
C’est pourquoi, pour comparer des devis, comparez le même livrable à la même précision. Un prix bas pour un « scan » qui n’inclut ni la consolidation, ni le rapport de précision, ni le modèle n’est pas comparable à un devis qui les inclut.
Erreurs fréquentes au moment de choisir
- Demander de la photogrammétrie sur un terrain boisé : le résultat, c’est la cime des arbres, pas le sol.
- Exiger des millimètres là où des centimètres suffisent : scanner au trépied plusieurs hectares de terrain pour un MNT multiplie le délai sans améliorer l’usage.
- Confondre résolution et précision : un nuage très dense ou une orthophoto au pixel très fin peuvent être décalés. La valeur qui compte est celle des points de contrôle.
- Choisir la technologie et non le livrable : décidez d’abord ce que vous ferez du résultat (BIM, plan, MNT, métré, visite virtuelle).
- Combiner des acquisitions sans référence commune : si le drone et le scanner ne partagent pas de points d’appui, l’assemblage se fait à l’œil.
En décider avec nous
Chez LAURIA ESCÁNER, nous travaillons avec les trois technologies : nous n’avons donc aucune raison de vous pousser vers l’une plutôt que l’autre. Scanner laser terrestre et SLAM, drone LiDAR et photogrammétrie par drone, avec un calage topographique au GNSS RTK pour que tout soit géoréférencé. Nous sommes exploitant de drones enregistré auprès de l’AESA, l’autorité aéronautique espagnole ; cet enregistrement est valable dans tous les États de l’EASA, et hors d’Espagne nous obtenons les autorisations auprès de l’autorité aéronautique de chaque pays. Basés à Madrid, nous intervenons dans toute l’Europe.
Dites-nous ce qu’il faut mesurer, pour quoi faire et avec quelle précision : nous vous dirons quelle technologie, ou quelle combinaison, convient avant d’établir le devis. Les services en détail : relevé 3D laser, drone LiDAR et photogrammétrie par drone.
