Qu’est-ce que le LiDAR HD
Le LiDAR HD est le programme de l’IGN qui acquiert, par LiDAR aéroporté, des données altimétriques de haute densité sur toute la France métropolitaine et les territoires d’outre-mer, à l’exception de la Guyane. L’objectif affiché est « la description 3D la plus fine jamais établie à l’échelle de la France entière ».
Selon la page du programme, il est doté de 57 M€ sur six ans, financés notamment par France Relance, le Fonds pour la transformation de l’action publique, la Direction générale de la prévention des risques, le FEDER et plusieurs régions et départements. Les usages visés : prévention des risques, forêt, agriculture, urbanisme et archéologie.
Si c’est la première fois que vous travaillez avec des points, commencez par qu’est-ce qu’un nuage de points : ici, nous considérons comme acquises les notions de densité, de précision et de classe.
Calendrier et avancement
Les vols ont commencé en 2021, organisés en 238 blocs, pour la plupart des carrés de 50 km de côté en métropole. La Corse a été la première région complète (décembre 2022) et La Réunion le premier territoire d’outre-mer. Les premiers modèles numériques sont en open data depuis juillet 2024.
| Point d’avancement (octobre 2025) | Surface | Part de la couverture finale |
|---|---|---|
| Territoire survolé | plus de 512 000 km² | 93 % |
| Nuages de points diffusés | 466 865 km² | 84 % |
| MNT, MNS et MNH diffusés | 419 561 km² | 75 % |
Source : point d’étape publié par l’IGN, le dernier chiffré que nous ayons trouvé. L’objectif est une couverture complète, hors Guyane, d’ici fin 2026, et la diffusion continue : vérifiez votre zone sur la carte de l’interface de téléchargement.
Ce que contient une dalle
- Format LAZ 1.4 indexé COPC, par dalles de 1×1 km alignées sur le quadrillage kilométrique. L’indexation COPC permet de lire un nuage par niveaux de détail sans le télécharger en entier.
- Système de référence : RGF93 / Lambert-93 avec altitudes IGN69 en métropole, IGN78 en Corse. Les territoires d’outre-mer sont en UTM avec leur système altimétrique local.
- Densité : au moins 10 impulsions par m² (5 au-dessus de 3 200 m d’altitude). Une impulsion peut donner plusieurs échos, ce qui permet de mesurer le sol sous la végétation.
- Précision : au plus 10 cm en altimétrie et 50 cm en planimétrie, en erreur quadratique moyenne ; entre bandes de vol, 5 cm et 25 cm.
- Pas de couleur : les points ne portent ni RVB ni infrarouge, seulement l’intensité, les échos et l’heure GPS. Pour « voir » le nuage en couleur, il faut le coloriser avec une orthophoto.
- Classification en 11 classes : non classé, sol, végétation basse (0-50 cm), moyenne (50 cm-1,50 m) et haute, bâtiment, eau, tablier de pont, sursol pérenne, points virtuels et « divers – bâti ». Les artefacts sont supprimés plutôt que classés.
Le détail est dans le descriptif de contenu du LiDAR HD. En parallèle, l’IGN diffuse trois modèles dérivés au pas de 50 cm : le MNT (terrain), le MNS (surface, avec bâti et végétation) et le MNH (hauteur, la différence des deux).
À quoi il sert
Sa force, c’est la couverture : n’importe quelle parcelle, gratuitement, géoréférencée, avec le sol mesuré sous la végétation. Là où il est le plus utile :
- Référence et contexte. L’environnement d’un projet en coordonnées réelles : relief de la parcelle, hauteur des bâtiments voisins, masses boisées. Il s’articule avec un nuage plus dense, limité à la zone qu’il faut vraiment mesurer.
- Préparation des interventions de terrain. Avant de se déplacer, on étudie les accès, les dénivelés et les obstacles. Pour un vol de drone, le MNS et le MNH donnent la hauteur des arbres et du bâti, utiles pour fixer la hauteur de vol et les zones de décollage.
- Études préalables et esquisse. Profils, pentes, bassins versants et volumes approximatifs de terrassement avec le MNT à 50 cm, avant de commander un levé topographique de détail.
- Études territoriales : risques d’inondation, inventaire forestier, potentiel solaire des toitures, archéologie sous couvert forestier.
La règle pratique : le LiDAR HD répond bien à « comment est le terrain et qu’y a-t-il autour ». Il répond mal à « combien mesure exactement cet objet » dès que l’objet est un bâtiment, une installation ou une structure.
Comment le télécharger
- Ouvrez l’interface de téléchargement des nuages de points LiDAR HD sur cartes.gouv.fr (ou celle du MNT LiDAR HD si seul le terrain vous intéresse).
- Placez-vous sur votre zone et sélectionnez les dalles de 1×1 km disponibles.
- Téléchargez-les. Une dalle pèse lourd : ne prenez que celles dont vous avez besoin.
Pour consulter sans télécharger, les MNT, MNS et MNH sont servis en WMS et WMTS par la Géoplateforme et s’affichent dans le Géoportail ou dans QGIS. Selon l’IGN, les nuages classés peuvent aussi être visualisés en ligne depuis l’interface d’accès aux données. Les anciennes adresses (diffusion-lidarhd.ign.fr, geoservices.ign.fr/lidarhd) ne sont plus le point d’entrée.
Licence : Licence Ouverte Etalab 2.0. Réutilisation libre, y compris commerciale, à condition de citer la source (IGN – LiDAR HD) et la date de dernière mise à jour.
Comment l’ouvrir dans vos outils
Une dalle COPC s’ouvre dans la plupart des logiciels de nuages de points. L’essentiel est de ne pas perdre les coordonnées en route :
- VisionHub : ouvre LAS, LAZ et COPC dans le navigateur, avec la maquette IFC et un nuage plus détaillé du même site. Le moyen le plus simple de partager la dalle avec une équipe qui n’a pas de logiciel de nuages.
- QGIS : lit LAS/LAZ/COPC nativement, en 2D et en 3D, filtre par classe et croise avec le cadastre ou l’orthophoto. Le choix naturel si vous travaillez en SIG.
- CloudCompare : gratuit, pour découper, filtrer par classe, nettoyer ou coloriser le nuage avec une orthophoto.
- Revit, AutoCAD et Civil 3D : conversion préalable en RCP avec Autodesk ReCap. En Lambert-93, les coordonnées sont très grandes : liez le nuage en coordonnées partagées ou via un point de base, pas « à l’origine ».
Le comparatif complet des logiciels est dans visionneuses BIM et de nuages de points, et les formats (LAS, LAZ, COPC, E57, RCP) dans le guide du nuage de points.
Bruit, lacunes et autres limites
L’IGN reconnaît lui-même plusieurs limites dans son descriptif ; nous y ajoutons ce que l’on constate en travaillant avec ce type de nuage aérien :
- Densité. Une dizaine de points par m², soit un point tous les 30 cm environ. Assez pour un terrain, trop peu pour une corniche, une baie ou une tuyauterie.
- Façades presque vides. Depuis un avion, on voit les toitures et le sol. Façades, dessous de débords, dessous de ponts et cours étroites restent avec peu de points ou aucun.
- Erreurs de classification. L’IGN écrit qu’« il subsiste nécessairement des erreurs ». Les blocs classés en interne le sont par des traitements automatiques, sans contrôle systématique ; le mode de classement de chaque dalle figure dans ses métadonnées.
- Bruit résiduel. Les artefacts sont supprimés, mais des points isolés en l’air ou sous le sol peuvent subsister : à vérifier avant tout calcul.
- Hétérogénéité. Année, saison et opérateur varient d’un bloc à l’autre, avec parfois des ruptures en limite de dalles. En été, la végétation dense est moins bien traversée.
- Lacunes. Grandes surfaces d’eau, estran partiellement couvert, îles non systématiques et zones à diffusion restreinte, qui apparaissent sans données.
- Date. Selon la zone, le nuage date de 2021 à 2026. Un chantier, un stock ou un bâtiment plus récent n’y figure pas.
Quand il ne suffit pas : nuage haute densité
Si le projet exige de vraiment mesurer (relevé pour la conception, as-built, contrôle de gabarits, suivi de chantier), le LiDAR HD reste une référence et il faut une acquisition dédiée. C’est notre métier chez LAURIA ESCÁNER :
- Drone LiDAR : le même principe que le vol de l’IGN, mais à quelques dizaines de mètres du sol. Plus d’un million de points par hectare, une précision de 2-3 cm en RTK et jusqu’à 600 ha par jour. Il traverse la végétation et restitue talus, infrastructures linéaires ou carrières avec un détail que le LiDAR HD ne donne pas.
- Relevé au scanner laser terrestre et SLAM : là où le drone ne va pas. Façades, intérieurs, sous-toitures, installations et structure, avec une précision de l’ordre de ±2 mm.
- Photogrammétrie par drone : quand la couleur et une orthophoto haute résolution des toitures ou des façades priment.
Le plus souvent, on les combine en un seul nuage géoréférencé, livré en LAZ, E57 et RCP, qui se superpose sans travail supplémentaire à la dalle LiDAR HD dont vous disposez. C’est la base pour modéliser en BIM, extraire des plans ou construire un jumeau numérique. Et si votre actif se trouve en Espagne, l’équivalent du LiDAR HD est le PNOA-LiDAR : nous l’expliquons dans notre guide en anglais.
Nous intervenons en France et partout en Europe, sur devis forfaitaire incluant le déplacement de l’équipe. Dites-nous ce que vous devez mesurer et avec quelle précision : nous vous dirons quelle acquisition est nécessaire, et laquelle est superflue.
